Grève de la faim tournante en soutien de Marina Petrella.
Nous Vous invition à vous rendre aux locaux de la FASTI
(58 rue des Amandiers 75020 Paris -métro Père-Lachaise), et,
si possible, à vous joindre à cette initiative pour sauver
Marina Petrella du risque (mortel) d'extradition.
Enfin, nous vous communiquons que Madame Borvo, sénatrice,
a visité Marina à la prison de Fresnes.
MESSAGGIO DI MARINA PETRELLA
Le combat pour
Solidarité . Hier, un rassemblement de soutien à l’ex-brigadiste s’est tenu aux abords de l’Assemblée nationale. Objectif : s’opposer à l’extradition réclamée par l’Italie.
« Je suis aux côtés de ceux qui refusent que l’asile politique, institution juridique consacrée, soit remis en question. Ici la parole donnée par l’État ne peut être bafouée. Accepter de le faire, ce serait déshonorer la France. » Hier, le gouvernement a été sommé, via « une question orale » du député de Seine-Saint-Denis Patrick Braouezec, de s’exprimer sur le cas de Marina Petrella. Cette ex-membre des Brigades rouges, incarcérée depuis août dernier, est sous le coup d’une extradition demandée par l’Italie où elle a été condamnée, en 1992, à perpétuité pour sa participation meurtrière aux années de plomb.
Respecter la parole donnée
La plupart des membres du gouvernement étant réquisitionnés pour la conférence de presse de Nicolas Sarkozy, c’est le secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, qui a répondu au nom « du premier ministre ». « Il a rappelé que la chambre criminelle de Versailles avait effectué un travail minutieux. Que l’asile politique avait été donné pour des raisons humanitaires et non juridiques. Et dit, sans ambiguïté, que la France, appartenant à l’espace européen judiciaire, respecterait ses engagements et donc signerait le décret d’application (de la main de François Fillon - NDLR) », est venu rapporter l’élu communiste aux manifestants qui s’étaient massés, à l’occasion de cette question orale et à l’appel des comités de soutien, tout à côté de l’Hémicycle.
Quant au bras de fer judiciaire, il semble tourner court. Un pourvoi en Cassation, déposé le 17 décembre dernier, doit encore être examiné d’ici au mois de mars. Mais les défenseurs de Marina Petrella attendent peu de cet examen juridique qui concerne la forme et non le fond. Reste un combat désormais totalement politique, destiné à faire respecter la parole de la France. Celle donnée, en 1985, par François Mitterrand lorsqu’il a accordé le droit d’asile à tous les activistes italiens qui renonceraient à la violence.
Depuis que le 14 décembre dernier, la cour d’appel de Versailles a délivré un avis favorable à l’extradition de Marina Petrella, les rangs des élus de gauche ne cessent de grossir dans leur tentative de la faire rester en France. Après le PCF, les Verts et la LCR, le PS sort enfin de son mutisme. Plusieurs députés socialistes ont ainsi confirmé leur participation au rassemblement d’hier. Présidente du groupe communiste au Sénat, Nicole Borvo souligne, quant à elle, « la continuité de l’engagement de l’État, tous gouvernements confondus », depuis 1985. Aux côtés de Dominique Voynet, Yves Cochet, député des Verts, revient sur l’histoire des années de plomb en Italie : « Nous étions dans une guerre civile, on élude cet aspect idéologique en se référant au droit commun. Il faut rappeler que les procès étaient politiques, les procédures d’exception. Les attentats commis par l’extrême droite à cette période ont été plus meurtriers et pas sanctionnés. »
« Une vengeance sans fin »
Le comédien Denis Lavant est venu pour lire un texte. « J’interviens rarement, mais il faut être actif à l’heure actuelle où tout se referme tellement. Mon langage est plus poétique que politique. Mon engagement se fait à travers mes choix d’artiste. Lire un texte de soutien à Marina Petrella est porté par ces choix. » Pour le président de la Ligue des droits de l’homme, Jean-Pierre Dubois. Il n’est pas possible que l’on confonde l’État de droit avec la justice : la parole donnée doit être respectée, que la politique ne se trahisse pas ».
Hier, Patrick Braouezec a annoncé qu’il allait prochainement demander, aux côtés d’un « certain nombre de personnalités », à être reçu sur ce sujet par les locataires de Matignon et de l’Élysée.
(L'Humanité daté du 9 janvier 2008)
COMMUNIQUE
Marina Petrella, incarcérée depuis 4 mois, et son compagnon sont en grève de la faim depuis le 6 décembre dernier. Ils ont lancé un cri aux autorités françaises et à nous tous contre l'injustice qui leur est faite en remettant en cause l'asile dont Marina a bénéficié pendant 15 ans. Ce cri n'a pas été entendu par la Chambre d'Instruction de la Cour d'Appel de Versailles qui, le 14 décembre dernier, a rendu un avis favorable à l'extradition de Marina Petrella. Un pourvoi en cassation a été déposé. Nous approchons donc du moment de la décision politique qui, au final, devra être prise sur ce dossier. En effet, l'avis des juges, quand il est favorable à une extradition, n'est pas contraignant et il appartiendra donc, très prochainement, aux autorités politiques françaises de décider du destin de Marina Petrella.
Pour assurer Marina et Hamed de sa solidarité, le comité de soutien a décidé de prendre le relais par un jeûne tournant - qui débutera à 10 heures jeudi 20 décembre prochain et se prolongera durant les Fêtes - dans les locaux de la FASTI, 58 rue des Amandiers dans le 20ème arrondissement de Paris, tél. 0158535853 (Métro Père-Lachaise ou Ménilmontant). Le comité de soutien demande donc à Marina et à son compagnon de cesser la grève de la faim qu'ils mènent, de façon éprouvante, depuis deux semaines.
Maître Irène Terrel –l'avocate de Marina-, des citoyen(ne)s, des élu(e)s, des personnalités du monde syndical, politique, associatif et culturel vont ainsi exprimer leur indignation et leur solidarité avec Marina, son compagnon Hamed et ses deux filles Elisa et la jeune Emmanuela.
Ce jeûne tournant – conduit par deux ou trois personnes chaque jour – permettra de témoigner, dans un lieu public, de notre détermination à voir maintenir Marina Petrella sur le sol français, après 15 années d'asile politique et sans qu'aucun fait nouveau ne soit venu remettre cet asile en question.
Les collectifs de solidarité avec Marina Petrella
SOUTIEN A MARINA PETRELLA
"Il faut bien me résigner à attendre que l'aube nous rie, quoique, j'aie à pleurer tout le temps qu'elle va tarder à poindre."
(Don Quichotte)
Art. 28. Tout peuple dont les droits fondamentaux sont gravement méconnus a le droit de les faire valoir, notamment
par la lutte politique ou syndicale, et même, en dernière instance, par le recours à la force.
(La Déclaration universelle des droits des peuples, Alger, 4 juillet 1976)
Les victimes, la vengeance, la punition...
Peuples affamés, agressés, violés, oubliés ...états souverains, impunis, imperturbables ...punition ininterrompue
des victimes (large concept) ...sacralisations des bourreaux..
Qui juge les juges?.
"Rarement on a remarqué que [Le Procès de Franz Kafka] dans lequel la Loi se présente dans la
forme du procès simplement, il contient une intuition profonde sur la nature du Droit qui n'est pas tellement ici , selon l'opinion commune, règle, entité, jugement, et, donc,
procès.
Mais si l'essence de la Loi est le procès, si tout le Droit (et la morale qui en est contaminée ) sont droit seulement, (et morale), procédurale, alors exécution et trasgression, innocence
et culpabilité, obéissance et désobéissance se confondent et elles perdent d'importance."
(Giorgio Agamben)
"La démocratie est un concept complexe, qui, comme le sait tout juriste sérieux, ne peut en aucune manière se réduire
à un dispositif électoral déterminé. Elle implique une série de principes et de critères que l'évolution des Etats modernes a si gravement remis en question que la simple opposition entre
démocratie et dictature ne semble plus pertinente."
(Giorgio Agamben)
Ceci dit, ceci cité...quand-même, depuis toujours, convaincus que la violence ne fait qu'engendrer une violence
plus grande... aussi si elle naît d'un élan de générosité...
On exprime à Marina et à tous les camarades persécutés par cette soif de vengeance infinie, toute notre
solidarité et tout notre soutien ....:
Ta volonté de renverser une impuissance en puissance; un échec en
re-naissance... personne ne peut te le re-prendre...
Et c'est ce qui ad-vient chaque fois qu'un être intègre vit chaque nouvel jour comme une nouvelle aurore...

APPEL ET SIGNATURES AU SOUTIEN DE MARINA PETRELLA
Si vous voulez signer cette pétition, envoyez votre prénom, nom et profession par courriel
Dès 1981, tout juste après sa victoire aux élections présidentielles, le nouveau Président de la République François MITTERRAND affirme sa volonté d'accorder asile aux italiens engagés dans la lutte armée pour autant qu'ils renoncent à toute forme de violence.
Faisant foi à cette promesse, quelques centaines de militants italiens traqués par les autorités de leur pays s'exilent dans l'Hexagone. Ce sont des gens ayant pratiqué ou côtoyé la lutte armée ; il s'agit de vaincus inculpés, puis lourdement condamnés, dans le cadre d'atteinte à la personnalité et sûreté de l'Etat. Pour le code pénal italien, les faits poursuivis sont donc politiquement qualifiés.
Le 20 avril 1985, en réponse aux insistantes pressions italiennes, le chef de l'Etat, lors du 65e congrès de la Ligue des droits de l'homme, prononce ces paroles : « J'ai dit au gouvernement italien que ces trois cents Italiens, qui ont participé à l'action terroriste en Italie depuis de nombreuses années, ont rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s'étaient engagés, étaient à l'abri de toute sanction par voie d'extradition... ».
On peut être d'accord ou pas, mais ces mots qui engagent la République Française sont non-équivoques : il y a bien assurance d'asile en pleine connaissance de la gravité de faits couverts ; ces faits graves sont bien de nature politique ; cet asile est un et indivisible, erga omnes, sans dérogation ; il ne peut y avoir extradition que s'il y a reprise de l'action terroriste. Treize ans plus tard, le 4 mars 1998, le Premier Ministre Lionel Jospin reprend cette position, dans une lettre adressée aux Avocats des réfugiés rendue publique, en ces termes : «Mon gouvernement n'a pas l'intention de modifier l'attitude qui a été celle de la France jusqu'à présent. C'est pourquoi il n'a fait et ne fera droit à aucune demande d'extradition d'un des ressortissants italiens qui sont venus chez nous dans les conditions que j'ai précédemment rappelées. »
Ces décisions politiques, médiatisées sous l'étiquette de doctrine Mitterrand, comportent les effets que tout le monde connaît : régularisation administrative de tous ces italiens, formation de familles, naissance d'enfants, intégration au grand jour dans la société française. Des effets qui, selon nous, tout en n'étant pas des droits formels, renvoient cependant au concept de droits acquis du fait de leur source politique et de leur maintien, toute couleur politique confondue, dans le temps. C'est-à-dire qu'ils ne peuvent être piétinés sans fautes vérifiées de la part des bénéficiaires.
Pourtant c'est ce qui arrive brutalement en août 2002 avec l'extradition de Paolo Persichetti et en 2004 avec l'affaire Battisti, quand le Gouvernement utilise hypocritement l'émotion suscitée par l'attaque des Twin Towers pour renier la parole de la France. Les arguments sécuritaires allégués sont faux (depuis un quart de siècle, les réfugiés italiens vivent paisiblement sur le territoire français et ne représentent aucun danger), anachroniques (on apprécie soudainement les agissements d'une époque révolue, et par là figée dans son passée, avec le regard et les craintes du contexte actuel) ou affectifs (la légitime douleur des victimes et de leurs familles instrumentalisée pour réclamer une punition sans fin), mais que veut-on ? L'« air du temps » est ainsi fait, n'en déplaise à la raison et aux contraintes morales. Aujourd'hui c'est au tour de Marina PETRELLA d'en faire les frais.
Cependant, nous ne voulons plus de cette logique perverse qui poursuit toute violence politique, même vieille de trente ans, comme impardonnable mal absolu, de ce choix des gouvernements français et italien qui, l'un méprisant les engagements pris par son Pays et l'autre la nécessité de dépasser ses malheurs d'antan par voie d'amnistie, traquent Marina PETRELLA comme une coupable de crime imprescriptible contre l'humanité.
C'est pourquoi nous demandons aux autorités françaises de respecter la parole donnée par la France, aux autorités italiennes de clore par une mesure politique adéquate ses « années de plomb », aux juges désormais chargés d'émettre un avis sur l'extradition de Marina PETRELLA d'intégrer dans leur appréciation tous les éléments politiques et humains qui justifient incontestablement son maintien en France.
Comité de soutien à Marina Petrella, menacée d'extradition
présidé par Jacques Maury, ancien Président de la Fédération Protestante et de la Cimade
Ligue des droits de l'Homme -
138 rue Marcadet 75018 Paris 6 - Tel : 01 56 55 51 00
















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